Grandissons dans la Foi

Monts et Sources

Postée le 01/06/2020

La phrase du jour

" Que l'Esprit Saint nous donne la certitude de ne pas être seuls, mais soutenus par Dieu. Très chers, ce que nous avons reçu, nous devons le donner: nous sommes appelés à diffuser la consolation de l'Esprit, la proximité de Dieu. "

Communauté Monts & Sources

Notre communauté est active
sur les réseaux sociaux !

Suivez-nous sur Facebook

Pâques 2020, sans Alléluia en Assemblée !
Pâques, Victoire de la Vie.

C’est avec surprise que Marie-Anne est venue avec un petit cadeau de Pâques. « Tenez, c’est pour vous souhaiter une bonne fête de Pâques. … Je vous ai apporté des œufs de Pâques, ils sont délicieux… Puis regardez ; il y a aussi le lapin, la poule pour décorer votre maison… C’est du très bon chocolat belge… ». … « Merci Marie-Anne, je dois vous avouer que je n’ai pas un goût prononcé pour le sucré mais comme c’est un cadeau de votre part, je le prends avec plaisir ». .. Puis elle ajoute, « Oh dommage qu’on ne fait pas des œufs en chocolat salés dit-elle en souriant. En réalité, vous me redonnez beaucoup de souffle… J’aime échanger avec vous, ça me redonne un peu de baume au cœur. Je dois vous avouez que j’ai très peur. J’ai peur de ce Corona. J’ai peur de mourir… Est-ce que nous n’allons pas tous mourir ? Chaque fois, j’ai l’impression d’avoir les symptômes de cette maladie, puis ça disparait… Le nombre de mort me donne des frissons, j’en fais des cauchemars ! Plus de 3000 morts en Belgique… Les cercueils qu’ils ont montrés en Italie, aux Etats-Unis… Quelle horreur »…

Cette fête de Pâques 2020 restera une exception dans notre mémoire collective. Préparé par un interminable Carême, vécu par chacun de façon unique, sans célébration, sans eucharistie publique, nous voici aujourd’hui pour fêter Pâques sans Alléluia vraiment festif. Cette singularité devrait susciter en nous beaucoup de réflexion et d’interrogation. Une situation inédite qui laissera certainement des traces à notre humanité. Un véritable chemin de croix à la suite du Christ pour une humanité, nous l’espérons qui est appelée, elle aussi à ressusciter. De la nativité à la crucifixion, le verbe fait chair nous invite sur la croix à contempler la chair crucifiée, cet Amour personnifié qui nous encourage à (re)bâtir un monde nouveau. C’est le Verbe incarné devenu Amour qui habite en nous.

Dans sa méditation de l’Evangile de la tempête apaisée (Marc 4, 35-40) lors de sa bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle du 27 mars dernier, le pape François soulignait que « ce qui est difficile, c’est de comprendre le comportement de Jésus » Alors que les disciples sont naturellement inquiets et désespérés, Il est à l’arrière, à l’endroit de la barque qui coulera en premier. Et que fait-Il? Malgré tout le bruit, Il dort serein, confiant dans le Père – c’est la seule fois où, dans l’Evangile, nous voyons Jésus dormir –. Puis, quand Il est réveillé, après avoir calmé le vent et les eaux, Il s’adresse aux disciples sur un ton de reproche: « Pourquoi êtes-vous si craintifs? N’avez-vous pas encore la foi ? » (v. 40).

J’explique alors à Marie-Anne que cette épidémie, cette tempête démasque notre vulnérabilité, nos multiples fragilités. Elle nous permet de réaliser que souvent nous comptons sur des sécurités fausses, éphémères et superflues. Le Pape François disait : « Le Seigneur nous invite à saisir ce temps d’épreuve comme un temps de choix. Ce n’est pas le temps de ton jugement, mais celui de notre jugement. Le temps de choisir ce qui importe et ce qui passe, de séparer ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas, l’utile de l’accessoire. C’est le temps de réorienter la route de la vie vers le Seigneur et, vers les autres ».

Evidemment, c’est un leurre que de croire que la société va changer brusquement après le confinement, il faut en être conscient. « Oui effectivement, renchéri Marie-Anne, j’ai peur que la société nous plonge dans une crise économique plus importante tant que ce monde n’est dirigé que par l’économie… je ne pense pas que toutes les sociétés délocalisées vont revenir se rétablir chez nous. Que les gens ne vont pas continuer à courir du matin au soir sans prendre le temps de s’arrêter et redonner sens à la vie… Ce monde tel qu’il avance me déboussole… » Nous sommes tous acteurs dans cette société et nous avons notre pierre à apporter à l’édifice. Cette fête de Pâques atypique est aussi l’occasion de renforcer notre foi ; une foi chrétienne qui ne doit pas se vivre dans une logique de consommation, mais en étant acteur là où nous sommes de l’émergence de ce monde dont nous aspirons.

Prenons exemple sur les femmes de l’Évangile qui sont un témoignage de d’audace, de courage, de persévérance et d’espérance. A la peur (comme Marie Madeleine et l’autre Marie qui se sont mises en route sans craindre les juifs), il faut cultiver cette force de croire, cette joie d’avancer chaque jour, le courage grandissant et la confiance inébranlable au Christ ressuscité qui nous envoie, nous soutient et nous accompagne. « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” (Mt 28,5-7). Vite, les femmes quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses. En route, Jésus nous rassure. Il nous réconforte par sa présence. Dans chaque épreuve, le Seigneur est présent. A chaque instant de notre vie quotidienne, Il nous conduit.

Pâques est une libération, « pessah en hébreu, passage… Passage vers une ère nouvelle qui s’impose. Pâques est une joie qui surgie du confinement de la tombe ; une lumière qui détruit les ténèbres, une force invincible qui élimine un ennemi invisible (le mal, …).

Les œufs de Pâques, Anne-Marie, symbole de la pierre du sépulcre duquel sortit le Christ pour sa nouvelle vie après sa résurrection, sont aussi ce symbole de la vie en devenir, ils sont l’image du renouveau. La naissance du poussin, qui sort de l’œuf, ou du lapin qui sort de son trou, expriment bien cette nouveauté de la vie qui surgit.

Pâques est la célébration de la victoire de la Vie sur toutes formes de peur, de désespoir, de la mort. Nous naissons nous aussi avec le Ressuscité dans ce monde nouveau.

Alléluia.

Joyeuses fêtes de Pâques à vous tous.

Samedi 4 Avril 2020,

Abbé Claude Musimar,
Unité Pastorale de Fontaine-Anderlues
Et Unité Pastorale de Courcelles